
Des citoyens de seconde zone avec une représentation en devenirExposés aux préjugés et aux discriminations, les Roms de Bosnie-Herzégovine voient leurs droits civils, politiques, économiques et sociaux quotidiennement bafoués. Le racisme dont ils souffrent est de deux ordres : un racisme sous-jacent directement lié à l’absence de papier et qui les défavorise considérablement face aux institutions sociales et sanitaires. Et un racisme ouvert qui s’exprime par exemple quand certains parents refusent que leurs enfants côtoient des roms à l’école ou quand la police exerce des violences à leur encontre (accusation de crimes non fondées et à contrario refus d’investigation sur les crimes dont ils sont victimes).Les femmes sont doublement victimes de discrimination parce qu’elles le sont également au sein de leur propre communauté. Absentes des prises de décision et exposées aux violences domestiques, elles sont considérées par leur famille tout comme par le reste de la société comme quantité négligeable. Cependant, depuis la guerre, de nombreuses organisations roms ont vu le jour (principalement en Fédération de Bosnie-Herzégovine) et en 2003 le premier parti politique rom a été enregistré : le Parti Démocratique des Roms. Par ailleurs l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), qui s’est clairement emparé de la question, a engagé un Rom de Macédoine à Sarajevo afin d’améliorer la représentation institutionnelle des Roms et en 2002 elle a institué le Conseil des Roms, rassemblant les 22 ONG roms de Bosnie Herzégovine. Aujourd’hui l’organisation fait campagne pour l’inscription des Roms sur les registres d’état civil et alerte sur les problèmes fonciers des Roms. | Bosnie-Herzégovine
Une population mal recensée |