Mme Ginette Mencarelli vit dans la remorque d’un poids lourd qui n’a plus de roues, sur un terrain vague habité par vingt familles : « Je voudrais avoir une carte d’identité pour mes deux enfants. Les autorités veulent me donner un titre de circulation mais je ne veux pas d’une carte spéciale. Vous devez la faire tamponner tous les trois mois à la gendarmerie. Selon les endroits on peut vous garder trois ou quatre heures. Je suis domiciliée auprès d’une association, mais pour avoir une carte d’identité il faut un domicile fixe ; Personne ici n’a droit à une carte d’identité ».
Témoignage recueilli par l’ERCC.

Droits civiques atrophiés

La carte d’identité est un droit pour les citoyens français y compris pour les détenteurs de titre de circulation. Dans les faits, de nombreux Roms, Gitans, Manouches se la voient refuser.

Les « gens du voyage » ne peuvent exercer leur droit de vote qu’après trois ans de « rattachement » à une municipalité. Tout autre citoyen français peut voter dans sa nouvelle ville de résidence, six mois seulement après son emménagement.

Il est parfois difficile que tous les membres d’une même famille aient la même commune de rattachement, car le nombre de personnes pouvant être « rattachées » à une même ville est limité à 3% de la population de la ville.

Les gens du voyage sont confrontés à d’énormes difficultés pour élire des représentants puisqu’ils ne peuvent jamais représenter plus de 3 % des votes.