
La plupart des régimes démocratiques nés en Europe à partir du XIXe siècle perpétuent les législations anti-Roms et entretiennent le mythe de la culpabilité intrinsèque des Roms. La sorcellerie, le cannibalisme ou le vol d’enfants sont des accusations largement répandues. La révolution industrielle les stigmatise définitivement quand les travaux agricoles ne demandent plus de main-d’œuvre abondante et itinérante. Le carnet anthropométrique d’identité a été remplacé en 1969 par un carnet de circulation toujours en vigueur, véritable stigmate pour ses détenteurs. | France : le carnet anthropométrique d’identitéFrance 1895 : un recensement du ministère de l’Intérieur, dénombre sur le territoire français « quatre cent mille vagabonds et vingt-cinq mille nomades en bande voyageant en roulotte ».Le 16 juillet 1912 les parlementaires votent une loi instaurant un carnet anthropométrique pour les nomades, véritable titre de circulation sur lequel figuraient photos d’identité et empreintes digitales afin de soumettre cette population « potentiellement dangereuse » à un contrôle policier serré. Les « gens du voyage » doivent tous tenir ce document à jour - y compris les enfants – et le présenter dans chaque commune qui, conformément à cette même loi, peut refuser le stationnement. Ce fichage minutieux des Roms servira par la suite au régime de Vichy |