
PortraitsDan Radulescu : J’ai 28 ans. Je suis né à Braila, une petite ville du Sud Est de la Roumanie. J’ai grandi comme un Roumain. Dans notre quartier, nous étions la seule famille Rom. Je ne parle pas le romani, ni mes parents. Ma mère est ingénieure, mon père conducteur. Certes, j’ai subi des discriminations à l’école - car étant noir de peau j’étais repéré comme Rom - mais comme j’étais costaud on ne venait pas me chercher querelle.A Bucarest où je vis depuis 5 ans, les gens me prennent souvent pour un arabe. C’est plutôt bien vu en Roumanie. Généralement les Arabes viennent avec de l’argent pour lancer un business, ouvrir un supermarché, un restaurant… Reste que dans le bus, je garde toujours les deux mains accrochées en hauteur, histoire de convaincre les passagers que je n’ai pas l’intention de leur dérober quoique ce soit. Travailler pour le droit des Roms n’était pas une vocation. A l’origine je voulais être commissaire de police, mais j’ai été évincé du concours au motif que j’étais trop gros. Je leur ai dit « laissez moi courir pour voir ». Ils n’ont rien voulu savoir. C’est à l’université que j’ai commencé à me faire des amis Roms et à me découvrir Rom. Je me suis arrêté au Master. L’année prochaine j’entamerai peut-être une thèse sur la santé des Roms. C’est mon domaine depuis que je travaille pour Romani Criss. Coordinateur, médiateur, formateur, conducteur…., j’ai facilement des journées de 12 heures, quand je ne passe pas la nuit à rédiger des dossiers. Le plus dur reste les relations avec les autorités locales tant elles répugnent à admettre que nous puissions traiter d’égal à égal. Or avant de penser à améliorer les conditions de vie des Roms, il faut s’appliquer à changer les mentalités, à créer des ponts. Des loisirs ? Enfant je rêvais de voyager, aujourd’hui que je suis toujours par mont et par vaux, j’aimerais me poser un peu pour consacrer davantage de temps à ma femme et mes enfants. |