
PortraitsMlle LS, 16 ans, française, se voit refuser un stage dans le cadre de sa formation de créatrice de mode.Témoignage de Mme Danielle Talhouarn, assistante sociale de l’ADAV (Association des amis des voyageurs de la Gironde) : « J’avais trouvé un créateur de mode qui cherchait une apprentie ayant suivi la même formation que LS. Elle correspondait exactement au profil qu’il décrivait : jolie, très féminine et avec un niveau scolaire correct. Je n’ai pas mentionné qu’elle appartenait à la communauté des gens du voyage, ni qu’elle était un peu typée. Elle est allée le voir pour un entretien. Dés qu’il a vu la couleur de sa peau , il a fait une réflexion à ce propos. L’entretien ne s’est pas trop éternisé. Environ une heure plus tard, il a téléphoné pour me dire qu’il avait trouvé quelqu’un de plus expérimenté. J’ai répondu que c’était important pour LS et moi de connaître les motivations de ce refus. Il a répété qu’il avait simplement trouvé quelqu’un d’autre, la fille d’un collègue plus expérimentée. J’ai insisté, soulignant que son argumentation ne tenait pas la route, compte tenu de ce qu’il m’avait dit à l’origine, puis je lui ai demandé si sa couleur de peau l’avait gênée. Il m’a dit « oui »… mais que ce n’était pas lui que ça gênait, mais ses clients . Finalement, Mme Talhouarn est allé voir le créateur de mode en personne et il lui aurait demandé : « Avez vous bien réalisé qu’elle est des gens du voyage ? » A la réponse « Ça ne devrait pas poser de problème, elle est française et sédentaire », il aurait affirmé « Elle vit avec son oncle et sa mère… Vous avez imaginé que son oncle pourrait venir ici et m’agresser parce que j’aurais un peu bousculé sa nièce ? » LS n’a pas voulu porter plainte. Elle suit une autre formation... Témoignage confié à l’ERRC, le 26 novembre 2004. |