« Bohémiens », « Romanichels » ou « Egyptiens »… Les Roms sont particulièrement exposés à l’arbitraire du pouvoir au cours des siècles.



Dans le contexte monarchique où les sujets devaient obéissance à leurs suzerains, les notions contemporaines de droits et libertés fondamentales de la personne humaine n’avaient pas cours.

Fuite en Europe Occidentale

L’avancée des Ottomans face à l’empire byzantin provoque le départ de groupes de Roms vers l’Europe occidentale au XIVe siècle.
En France, les Roms sont connus à partir de 1417. Un siècle plus tard, ils passent d’Espagne au Portugal. D’autres groupes arrivent en Grande-Bretagne. Au XVIIe siècle, on les trouve sur les routes occidentales de la colonisation : en Louisiane, au Brésil, au Maghreb etc.

Porteurs de nouvelles et de nouveautés, les Roms ont pu susciter des réactions bienveillantes.
Le plus souvent, ils sont victimes de l’intolérance, expulsés d’un lieu à un autre. Ils subissent de continuelles persécutions de la part des autorités. Des sévices courants à l’époque : mutilations, exécutions, bannissement, galères. Ou des peines spécifiques : stérilisations forcées, enlèvement d’enfants.

En 1682, dans la France de Louis XVI, le fait d’être « bohémien » était passible des galères à perpétuité pour les hommes et du bannissement pour les femmes.

Répit bohême

Parmi les groupes de Tsiganes qui reprennent au début du XVe siècle leur migration vers l’Ouest de l’Europe, certains traversent la Hongrie et l’Allemagne. C’est là, qu’en 1418, l’empereur Sigismond (1368-1437) qui était déjà roi allemand et qui allait devenir roi de Bohême leur accorde des lettres de protection leur permettant de circuler plus facilement en Hongrie, Allemagne et Suisse. D’où le nom de Bohémiens sous lequel ils ont été longtemps connus.