
Tout comme les juifs, les Roms d’Europe sont les victimes d’un plan d’extermination mise en œuvre par les nazis avec la complicité de leurs alliés et des pays occupés. Assassinées sur place ou déportées dans les camps de la mort pour y être gazés : le nombre exact de victimes est difficile à évaluer. Ce génocide, appelé « Samudaripen » en langue romani, demeure l’un des plus méconnus de l’histoire. Les morts ne pouvant être évoqués sans enfreindre la tradition, les Roms portent seuls la douleur du génocide. Ce silence rituel contribue à l’absence de reconnaissance politique de leur extermination. | La barbarie des nazis et de leurs sympathisantsLe mode de vie des Roms, leur discrétion, la représentation parfaite qu’ils offrent de « l’Etranger », de « l’Autre » laissent la porte ouverte à tous les fantasmes. Avec la terreur imposée par les nazis et leurs sbires en Europe, l’horreur est à son comble. Le chiffre de 500 000 victimes roms des politiques d’extermination est le plus souvent avancé.Allemagne : Les nazis n’ont qu’à réutiliser le travail de recensement des Roms entrepris par les services de police bien avant leur arrivée au pouvoir. Dès 1899, une « centrale des affaires tsiganes » est créée à Munich. En 1905, elle publie un rapport - le Zigeunerbuch - véritable base théorique des politiques anti-Roms. En 1925, une loi pour lutter contre les « Tsiganes, les nomades et les fainéants » est votée en Bavière. Sous le couvert de la science, les anthropologues nazis font subir des tests « biologiques, raciaux » aux Roms afin de justifier leur extermination. L’Allemagne théorise l’idéologie raciste anti-roms. La politique nazie de destruction collective des Roms se fait en deux étapes. L’enfermement dans les camps d’internement des régions allemandes puis, à partir de 1938, sous l’impulsion de Himmler, la déportation dans les camps d’extermination. ![]() Déportation de Roms pendant la deuxième guerre mondiale Autriche, Pologne, Norvège, Pays-Bas, Pays baltes, Ukraine et Bohême-Moravie : les Roms sont soumis à la même déportation sans compter les massacres commis par les Einsatzgruppen, unités spéciales des SS chargés de l’extermination des juifs et des Roms à partir de l’été 1941. Roumanie et Croatie : ces régimes fascistes se distinguent par leur sauvagerie. La Roumanie dirigée par le dictateur Antonescu entreprend des campagnes de stérilisation pour lutter contre les « risques de dégénérescence de la “race” roumaine du fait de l’assimilation des Tsiganes » et déporte ses Roms dans la province roumaine de Transnistrie.Victimes de la faim, du froid, du typhus beaucoup ne reviennent pas. Entre 30 000 et 50 000 Roms périssent sous ce régime. Même politique d’extermination dans « l’état indépendant de Croatie » dirigé par les oustachis d’Ante Pavelic. 40 000 trouvent la mort dans le camp de Jasenovac entre 1941 et 1945 Les Roms sont internés dans des camps en France, en Italie, en Suède, au Danemark. Assignés à résidence en Angleterre. |