
Les Roms, dont les familles sont réparties dans toutes les républiques de l’ex- Yougoslavie et qui ne sont au pouvoir nulle part, n’avaient rien à gagner d’États ethniquement homogènes. Pris entre les feux des ultra-nationalismes et d’une haine ancestrale ravivée, ils seront les victimes de terribles exactions. Le 20 août 1995, un enfant rom de 8 ans est abattu par un policier français au poste frontière de Sospel. Cet enfant appartenait à un groupe originaire du Sandjak (région du Monténégro, frontalière de la Serbie) qui avait tenté de passer le poste frontière sans s’arrêter. | Conflits en ex-Yougoslavie : de l’absurdité à l’horreurLes pressions et atrocités que subirent les Roms de l’ex-Yougoslavie durant les conflits sanglants des années 1990 ne feront jamais la Une des journaux. Et pourtant :Croatie : les Roms sont soumis à un odieux chantage. L’attribution de papiers d’identité croates est conditionnée à leur engagement dans l’armée. Bosnie : les Roms majoritairement musulmans subissent les exactions des milices nationalistes croates et surtout serbes. Les viols et les déplacements de population se multiplient. Selon Amnesty International plusieurs milliers de Roms ont été massacrés dans les régions dominées par les milices serbes de Bosnie. Kosovo : les nationalistes serbes impliquent certains Roms dans leurs basses œuvres de purification ethniques. Toute la communauté rom paie aujourd’hui la collaboration de quelques-uns. Les pays occidentaux restent sourds aux campagnes menées par l’Union Internationale des Roms (URI). Les demandeurs d’asile sont considérés comme des usurpateurs qui profitent des désordres de leurs régions pour se faire passer pour des réfugiés politiques. Et renvoyés. |