Depuis 1989 : plus de liberté dans un quotidien de survie

La chute du dictateur Nicolae Ceaucescu, fin 1989, ouvre la voie à une démocratisation progressive. La transition politique et économique entraîne à la fois davantage de liberté et une protection sociale moindre pour les 22 millions de Roumains.

Renouveau identitaire ?

Les Roms acquièrent une reconnaissance et un statut de minorité nationale grâce à la Constitution roumaine et à la loi sur les élections de 1991.
L’article 6 de la Constitution proclame « le droit à l’identité ». « Les personnes appartenant aux minorités nationales » se voient le droit de « conserver, de développer et d'exprimer leur identité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse ».



Les traditions populaires roumaines sont variées et vivaces dans les arts décoratifs, les parures et vêtements, l’architecture.


Ce changement devrait leur permettre d'affirmer leur identité. Au recensement de 2002, les personnes revendiquant leur origine rom sont un tiers de plus qu'au recensement de 1992. Mais beaucoup, craignant les discriminations, continuent à ne pas se déclarer comme Roms. Et le nombre des Roumains roms reste largement sous-estimé dans les statistiques officielles.

Chute drastique du niveau de vie

Après 1989, les Roms exerçant (encore et toujours) des travaux accessoires et non qualifiés ont été les premiers affectés par les changements de la société roumaine : 60 % perdent leur emploi, 72,3 % se retrouvent sans qualification sans pouvoir exercer les métiers traditionnels qu’ils avaient perdus sous le régime communiste.

Quelques exceptions : les Kalderash travaillent ou revendent le métal qu’ils récupèrent dans les usines d’état fermées.
Les roms constituent le plus vulnérable des groupes sociaux. Ils représentent un fort taux dans toutes les catégories sociales défavorisées : les pauvres, les chômeurs de longue durée, les ouvriers non qualifiés, les personnes sans éducation ou avec une éducation précaire, les familles nombreuses, les personnes sans papiers d'identité ou sans domicile fixe…

69 % d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre 22 % pour la majorité de la population. Un Rom sur deux connaît la faim plusieurs fois par an, tandis qu’un sur six est affamé en permanence.

Acculturation

La misère, l’analphabétisme, l’abandon de la langue romani, des savoir-faire traditionnels, la musique cédant le pas à une mode commerciale, constituent une menace pour l’héritage culturel des roms.

« Il y a une vraie urgence à créer des élites roms qui allègent les épaules des populations les plus démunies qui représentent actuellement toute la communauté. Il faut rendre à cette culture toute sa valeur, étudier l’origine sanskrit du romani, faire des recherches sérieuses sur le génocide…. » Virgil Ciomos, fondateur de l’école de la deuxième chance.