Une minorité oubliée

La Serbie est particulièrement en retard en ce qui concerne la signature ou l’application des textes législatifs relatifs à la protection des minorités.
Comme partout dans les Balkans, les Roms souffrent d’autant plus des conséquences de la guerre, de la période de transition économique et des carences des services de l’Etat, qu’ils ont toujours constitué les franges de la population les plus marginalisées.

Les conditions de vie des Roms déplacés du Kosovo sont terriblement alarmantes.

La Serbie qui compte 10,51 millions d’habitants a reçu autour de 225 000 déplacés du Kosovo. Une grande partie des Roms est venue en même temps que les Serbes en 1999.
On assiste également aux retours massifs de Roms expulsés d'Allemagne, car déboutés du droit d’asile conformément à la politique de l’Union Européenne.
La plupart de ces déplacés sont dispersés dans 600 « settlements » - campements de type bidonville - et vivent dans l’indigence la plus complète, vendant des bouts de ferrailles ou des bouts de papier de récupération. L’un de ces campement, situé au pied d’un hôtel quatre étoiles, concentre plus de 300 personnes sans eau ni électricité ni ramassage d’ordure, et a déjà déclaré de nombreux incendies.
A l’exception de l’association partenaire du CCFD, Cœur Tzigane, aucune ONG ne représente ces Roms déplacés .

A souligner également la "double discrimination", subie par les femmes roms, exclues de la population majoritaire et victimes d’un patriarcat très fort au sein de leur communauté.